Fichier à côté de :LCD Soundsystem, Liars, Erase Errata, Les Georges Leningrad
Jouant:Troisième nuit du WL16, samedi 13 février à The Garrison.Get tickets!
La duchesse ditLe groupe vient de faire un carton à la Taverne Dominion d'Ottawa pour la deuxième édition du Festival Mégaphono, et Jonny Dovercourt de Wavelength était là pour en être témoin. La foule était compacte devant la scène, alors la chanteuse Annie-Claude Deschênes, dont la ressemblance avec un cocktail Molotov est frappante, en a profité pour envelopper le public dans du papier sulfurisé industriel. Elle les a ensuite dévorés d'un regard possédé et maléfique. Personne dans la foule n'a pu quitter Annie-Claude des yeux pendant tout le spectacle, tandis qu'elle pivotait et incarnait le psych-punk féroce et entraînant du groupe avec des gestes frénétiques des mains. Le Garrison sera assurément réduit en poussière après les débuts tant attendus de ce groupe montréalais percutant et de longue date sur Wavelength samedi prochain (13 février) pour la deuxième soirée du Festival #WL16. Jonny a rencontré le groupe le lendemain matin de leur spectacle à Ottawa pour en savoir plus sur leur prochain album sur le thème de la science et sur leur dévotion à leur propre religion inventée, avant qu'ils ne montent dans la camionnette en gloussant follement.Alors, hier soir, Annie-Claude, tu as enveloppé le public dans du plastique. C'était prévu ?
Annie-Claude : Non, c'était un plan de dernière minute. J'ai trouvé le rouleau en coulisses, alors j'ai décidé de le prendre. [rires] Un plan de dernière minute.
Est-ce que ça arrive régulièrement ? Des trucs dingues arrivent juste en concert ?
A-C : Oui, la plupart du temps, mais j'aime être vraiment spontané avec le public, ne pas trop réfléchir.
Pourquoi pensez-vous qu’il est important d’impliquer le public de cette manière ?
A-C : Parce que c'est cool d'essayer de créer quelque chose. Je pense que chanter et jouer de la musique ne suffit pas, j'aime essayer de créer un spectacle.
Lorsque vous fixez le public du regard, que voulez-vous qu’il ressente ?
A-C : Comme si on vivait quelque chose ensemble, sans être timide, sans se laisser aller et sans s'amuser. C'est le moment que nous passons ensemble, alors faisons quelque chose de fou.
Avec vos mouvements de mains, vous semblez possédé par la musique. Que ressentez-vous à ce moment-là ?
A-C : Je pense qu'il s'agit plutôt de placer les idées au bon endroit. Cela m'aide à visualiser les paroles et ce que j'ai à dire.
Parfois, on a l’impression que vous dirigez aussi les sons du groupe, comme un chef d’orchestre.
A-C : [rires] Pas vraiment.
Ce sera super de vous accueillir à Wavelength samedi prochain. Quand avez-vous joué pour la dernière fois à Toronto ?
A-C : C'était avec PyPy, notre projet parallèle, au Silver Dollar.
C'était il y a quelques années ?
A-C : Il y a trois ans.
Vous avez été absents pendant quelques années. Qu'a fait Duchess Says pendant vos congés ?
A-C : Nous avons construit un studio de musique pour pouvoir enregistrer notre prochain album, et c'est ce que nous avons fait. Nous venons de terminer l'enregistrement de notre dernier album.
Comment s’appelle le nouvel album ?
A-C :Sciences Nouvelles.
Y a-t-il un thème dans l’album ?
A-C : Ouais, un peu de science.
Simon Besre (batterie) : Sciences psychologiques, et sciences de l’espace, sciences du son, sciences liturgiques…
Lisez-vous beaucoup de science ou regardez-vous beaucoup d’émissions scientifiques à la télévision ?
S : Oui [rires]. Nous avons le câble de base en ce moment, donc nous ne regardons que Discovery Channel et TLC !
A-C : Pour ma part, c'est plus esthétique. Il s'agit plutôt de prendre l'esthétique de la science avec notre Église, l'Église des Perruches ondulées, et de les mélanger.
Pouvez-vous me parler des principes de l’Église des perruches ondulées ?
A-C : Tous les membres sont inspirés par la Duchesse, ou la Perruche Spirituelle, dans leur vie quotidienne. Si vous étiez peintre, vous seriez inspiré. Pour ma part, quand je me réveille chaque jour en pensant à la Perruche, elle m'inspire pour la composition, ou tout simplement dans ma vie, quand je m'habille ou que je vais au travail.
Quand avez-vous découvert la perruche ? Comment est-elle entrée dans votre vie ?
A-C : C'est une longue histoire, mais la première fois que nous avons vu la perruche ondulée, c'était sur un vieux journal de ma grand-mère, intitulé « L'Église des perruches ondulées ». Au début, je l'ai juste regardée et j'ai trouvé quelque chose d'étrange, mais je n'ai pas approfondi la question. Finalement, deux ans plus tard, j'ai commencé à creuser davantage et à lire les journaux. J'ai réalisé que c'était vraiment fou. Alors, nous en avons tous parlé ensemble et avons décidé de la faire revivre.
Alors… la duchesse est une perruche ?
A-C : Ouais.
Possédez-vous vous-même des perruches ?
A-C : Oui, j’en avais l’habitude, mais ils sont tous morts maintenant.
Oh. Est-ce qu'ils ont parlé ?
A-C : Pas vraiment. Ils chantaient des chants militaires. [rires]
Alors, quel est le plan pour sortir l’album dans le monde ?
A-C : Notre objectif actuel est de trouver une maison de disques. Nous discutons avec des gens, mais nous n'avons pas encore décidé avec quelle maison de disques nous allons travailler.
Bon, j'espère que tu feras le bon choix ! As-tu l'impression qu'il y a beaucoup d'obstacles à franchir pour percer dans le reste du Canada en tant que groupe francophone ?
A-C : Tant qu'on est populaires, pas vraiment. On s'en fiche, on est dans le groupe depuis combien d'années ? Douze ans, genre, et ça n'a jamais été un problème, jamais. Je ne pense pas que ça intéresse vraiment les gens. Ça pourrait être la langue, on n'a même pas besoin de parler et je pense que les gens peuvent comprendre. On vient d'écrire une chanson là-dessus, intitulée « Talk in Shapes ». Plus de paroles, plus de langage ! Juste parler en formes, en mouvements, etc.
J’aime ça!
[tout le monde rit]
Douze ans, c'est long pour un groupe. Tous les vieux groupes dance-punk de 2003 se sont séparés. Comment avez-vous fait pour rester ensemble aussi longtemps ? Quel est le secret ?
A-C : Je pense qu'on fait de la musique pour de bonnes raisons. On ne le fait pas pour l'industrie, pour être à la mode, et on doit absolument sortir un album en un an. Pour nous, c'est un mode de vie. C'est très profond et je pense qu'on est tous ensemble. L'important, c'est de faire de la musique et de faire des albums qu'on aime. Donc, je pense que tout est vraiment authentique et c'est pour ça qu'on peut vivre 12 ans et juste s'amuser ensemble.
Alors, que va-t-il se passer au Garrison samedi prochain ?
A-C : Je pense que c'est une bonne chose que le show ait eu lieu hier, car comme je vous l'ai dit, ça me donne envie de me donner à fond sur ce show. Le visuel peut-être, ou juste me mettre quelque chose en tête, je ne sais pas. Ça m'a tout de suite mis dans la tête et je suis vraiment motivé, donc je sais que ça va être quelque chose de spécial.
Ne manquez pas Duchess Says lorsqu'ils joueront au Garrison le samedi 13 février pour Wavelength 16.Obtenez vos billets ou pass festival ici.
— Entretien par Jonny Dovercourt