FET.NAT : L'interview de la longueur d'onde

Fournisseurs de :Post-punk théâtral, déhanché et percussif.
Fichier à côté de :James Chance & the Contortions, NoMeansNo, The Ex, Last Ex
Jouant:WL17 Nuit 2, samedi 18 février à la Garnison.Achetez vos billets ici !

FET.NAT est le groupe post-punk le plus énergique et original du moment. Avec un saxophone virtuose, un leader captivant, divertissant et déconcertant, une batterie et une guitare saccadées aux influences aussi variées que l'industriel, le hip-hop et le hard rock, ce n'est pas pour rien que le groupe québécois est apprécié de tous ceux qui l'entendent sur scène. Dans l'une de leurs toutes premières entrevues en anglais, Mike Deane de Kazoo! Fest s'est entretenu avec le guitariste Pierre-Luc Clément au sujet des débuts de FET.NAT, de son approche musicale et de son manque de projets d'avenir.

Comment décririez-vous FET.NAT à quelqu'un qui ne l'a jamais entendu ?

En live, je dirais théâtral, absurde et intense. Lors des enregistrements, nous essayons toujours d'avoir une touche comique, que ce soit dans la restitution des paroles, des thèmes, des mélodies et des rythmes décalés. Je suppose que nous avons réalisé que nous n'utilisons pas vraiment d'accords ou de mélodies ; nous travaillons davantage de manière percussive pour chaque instrument.

FET.NAT mêle jazz, punk, art-rock, post-rock, hard rock et même performance artistique. Comment tout cela s'est-il conjugué ? Chaque membre apporte-t-il un style différent au groupe ?

Oui, JFNO, notre leader, a souvent été mascotte pour différents événements. Il est donc naturellement attiré par le divertissement, ce qui nous plaît beaucoup. Cela nous permet de sortir des sentiers battus. Chaque membre a un parcours musical très différent, mais je pense que c'est surtout une question de personnalité et de nos interactions. Je pense que c'est en partie ce qui nous rend si heureux de jouer au sein de FET.NAT.

Comment FET.NAT a-t-il commencé ? Aviez-vous une idée précise de ce que vous souhaitiez accomplir avec le groupe, ou est-ce une évolution naturelle ?

Tout s'est développé de manière assez naturelle. Olivier [Fairfield] et moi avons travaillé sur quelques morceaux en 2011 sans intentions précises. C'était un projet assez libre, basé sur l'idée de deux gars essayant de jouer de leurs instruments comme s'ils étaient vraiment mauvais, mais de manière contrôlée. Le reste s'est fait tout seul.

Quel est l'impact du fait de vivre à Gatineau/Hull sur le groupe ? Y a-t-il une scène musicale locale ? Est-ce un avantage ou un inconvénient pour le groupe ?

Je pense que nous sommes influencés par notre environnement. Hull est une ville très contradictoire. On y trouve beaucoup de pauvreté, mais aussi beaucoup de gens aisés. C'est comme partout ailleurs, mais Hull dégage une atmosphère étrange, je trouve. C'est une ville ennuyeuse, mais il y a une vie à vivre – toute petite, mais très inspirante.

Qu'est-ce qu'E-tron Records et quel est son lien avec FET.NAT, et qu'est-ce que cela signifie pour la scène musicale de Hull/Gatineau ?

E-tron est une initiative de Philippe Charbonneau [Scattered Clouds] et Olivier Fairfield [FET.NAT, Last Ex]. L'idée derrière E-tron était de créer une plateforme de diffusion pour inciter les Hullois à rester et à continuer de créer. Je pense que c'est en train de devenir un collectif plutôt qu'une maison de disques. On a même pensé changer le nom pour E-tron Récréatif. Mais on est paresseux.

D'après mon expérience, quiconque voit FET.NAT tombe amoureux du groupe : l'énergie, le son unique et les prouesses musicales pures attirent les gens, quels que soient leurs goûts. Vous considérez-vous d'abord comme un groupe live et ensuite comme un groupe enregistré ? En quoi le spectacle live diffère-t-il de vos disques ?

On ne se considère pas vraiment comme quelqu'un d'important. On aime surtout se retrouver et jouer. Je pense qu'on préfère tous jouer sur scène ; c'est peut-être ce que les gens ressentent en nous voyant. Aucun de nous n'aime vraiment répéter ou rester longtemps en studio. Mais chaque fois qu'on le fait, il en ressort quelque chose de positif.

Quel est l’avenir enregistré de FET.NAT ?

On a un autre court EP qui sort au printemps. On est en train de le terminer. On n'a jamais vraiment envie de reproduire ce qu'on a déjà fait par le passé, du point de vue esthétique, alors on essaie de se lancer dans de nouvelles directions. On verra bien. On vous laisse juger.

Le groupe a-t-il des objectifs de tournée ? Des tournées européennes ?

Nous allons sur la côte est du Canada pour la première fois en mai. Ça devrait être sympa. Nous aimerions aller aux États-Unis bientôt, mais on verra bien. Nous avons peut-être des options pour la France, mais tout est encore en suspens. Nous sommes totalement autonomes, donc c'est difficile de réserver des excursions soi-même, et en plus, on est vraiment paresseux.

Ne soyez pas idiot et ne manquez pas FET.NAT au Garrison ce samedi, où ils joueront notre co-présentation Gladeye/Kazoo! Fest pour Wavelength 17 !

— Entretien par Mike Deane