Fournisseur de :Des marées en constante évolution, une obscurité divine et dérivante.
Fichier à côté de : Brigitte Bardon't, Mérou, Récolte de Mousse
Jouant: WL 702, dimanche 12 juin @ Monarch Tavern.Achetez vos billets ici !
Echo Beach est l'œuvre de Julie Matson, artiste interdisciplinaire originaire de Montréal via Vancouver. À travers ses sons lugubres et pesants, Matson véhicule une atmosphère profondément introspective, mais ancrée dans la tectonique et hyperprésente – une force de la nature, maniée.
Parlez-nous de vos débuts dans la musique drone. Qu'est-ce qui vous a conduit jusqu'ici ? Avec quels instruments avez-vous débuté ?
Mon premier instrument a été la clarinette ; j'en ai joué pendant six ans dans un groupe, du CM1 à la Seconde. Ce qui est génial avec cet instrument, c'est qu'il est vraiment génial pour bourdonner ! Je l'ai fait l'année dernière lors du méga-bourdonnement pour la Journée nationale des drones, avec 20 de mes amis les plus proches, tous bourdonnant sur la note de ré pendant deux heures. J'ai été très tôt fasciné par la musique électronique, principalement parce que je ne comprenais pas comment ils la produisaient. Mon premier groupe préféré, à 10 ans, était Depeche Mode. À 13 ans, j'ai fini par acheter un recueil de chansons de Depeche Mode pour m'amuser. En le regardant, je me suis rendu compte que je savais lire la partition (merci la clarinette !) et j'ai commencé à jouer les notes sur un clavier, et WAOUH ! Je jouais du Depeche Mode ! Je suis autodidacte au clavier, et depuis, c'est mon instrument de prédilection, ainsi que le chant. J'ai joué dans de nombreux groupes, du punk rock féminin au surf instrumental en passant par le post-rock minimaliste, et même un groupe acoustique de reprises d'Aqua – le bien nommé Maqua – pour faire bonne mesure. Dans ce groupe, je connectais mon orgue vintage à une enceinte Leslie, ce qui lui donnait une belle réverbération de drone. C'est assurément une « ambiance » qui m'a attirée tout au long de ma carrière musicale. En déménageant à Montréal, j'ai perdu tous mes amis musiciens préférés, alors je me suis lancée en solo, sous le nom d'Echo Beach. Ça me semblait tout naturel de superposer des drones, car c'est ce que j'aime dans la musique.
Page Facebook d'Echo Beachdécrit sa musique comme « des collages sonores qui emmènent l'auditeur dans un voyage vers son sanctuaire le plus profond ». Originaire de Vancouver, vous vivez actuellement à Montréal et votredernière versionContient des enregistrements de terrain réalisés à Austin, au Texas, plus tôt cette année. Trouvez-vous que votre lieu de résidence joue un rôle majeur dans la musique que vous créez, ou vous inspirez-vous principalement de votre propre monde intérieur lors de vos voyages ?
Je suis indéniablement influencé par mon lieu de résidence, que ce soit un lieu que je visite ou que je vis. J'ai tendance à me perdre dans les petits détails d'un lieu, et c'est de là que je tire mon inspiration. J'ai aussi tendance à me concentrer sur un aspect d'un lieu et à façonner mon travail autour de cette pensée, de ce sentiment ou de cette émotion.
À cette même biographie est annexée une phrase qui dit : « [C]anneler la tristesse à travers des synthétiseurs analogiques atmosphériques pour tenter de vous rendre moins triste. » Il semble assez unanime parmi les musiciens de drone pour reconnaître que le drone possède une certaine capacité thérapeutique. Quel est votre avis personnel sur ce qui rend la musique drone si efficace ?
Ce qui m'attire dans la musique drone, que ce soit à l'écoute ou à la création, c'est son côté méditatif. Elle permet de plonger profondément dans son esprit et de le sentir résonner dans son corps, ce qui permet de rester présent. De plus, étant une personne très énergique et très occupée, créer cette musique m'oblige à ralentir et à apprécier les sons et les émotions. Je peux m'immerger dans une note ou une ligne de basse et me laisser emporter par son déclin ou son delay. C'est une expérience unique, et c'est ce que j'espère offrir aux auditeurs.
Votre musique est souvent synthétisée avec de la poésie et du cinéma, tout comme votresortie vidéoPour « Texas is the Reason ». À ce propos, vous affirmez avoir d'abord écrit le poème, puis la musique en « sonifiant le texte et en le transposant en partition ». Avez-vous toujours été un artiste interdisciplinaire ? Trouvez-vous qu'un médium particulier soit plus adapté à certains types d'idées qu'un autre ?
Oui ! J'adore le travail interdisciplinaire. J'adore transposer l'écriture en musique ; c'est pour moi un art musical de haut niveau. Je suis toujours émerveillé ; le résultat est un magnifique hasard, en réalité très contrôlé. J'ai une formation en écriture créative (principalement en poésie) et en électroacoustique, c'est donc un cheminement naturel pour mon esprit dans mon travail. Je suis heureux d'avoir exposé mes paysages sonores dans des festivals exceptionnels, notamment le festival HTMlles à Montréal et le First Festival à Troy, dans l'État de New York, organisé par Pauline Oliveros pour sa conférence au Deep Listening Institute. J'ai également composé de nombreuses musiques de films et de documentaires, ce qui est très inspirant pour m'inspirer du travail visuel d'autrui et l'interpréter avec le son. J'aime aussi prendre des photos et filmer, donc il me semble tout à fait approprié d'intégrer tous les éléments sensoriels à mon travail. Mon frère fait des projections en direct pendant mes concerts, et il sait toujours ce que je recherche, car nous sommes si proches. Je trouve important de vivre une expérience sensorielle complète en direct, de maintenir l'harmonie et l'intensité de l'ensemble.
Décrivez le genre d’île déserte que vous aimeriezvouloir être bloqué sur.
Hmm, question difficile ! Je pense que ce serait mieux si c'était tropical, pour la chaleur et l'abondance de fruits. Et puis, des plages pour créer des bourdonnements naturels ; peut-être ajouter quelques conques et des oiseaux planants pour ajouter des couches de bourdonnements au paysage sonore naturel du lieu. Oh ! Un tunnel dans une grotte sous-marine serait cool aussi, pour des effets de réverbération incroyables ! Réfléchis !Lagon Bleu, mais sans le côté incestueux de l'inceste. Et par mesure de sécurité, mon frère ne peut pas venir !
— Entretien par Marko Cindric