Fet.Nat : l'interview de WL

Fournisseurs de :Je m'en fous complètement et je crée un nouveau groove génial.

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Jouant: Festival d'été de musique et d'arts Wavelength, dimanche 18 août au Stackt, 28, rue Bathurst. Achetez vos billetsici!

Bonjour Emma, je suis Jean-François Nault, alias JFNo. Je répondrai à vos questions du mieux que je peux et en toute objectivité, sans prendre réellement position au nom de Fet.Nat.

Amenez vos grands-parents, parents, enfants et amis qui n'ont jamais vu un spectacle de Fet.Nat. En cette période d'angoisse post-post-moderne, ce quatuor de Gatineau et Hull vous aidera à retrouver vos esprits et à rire de votre stupidité avec leur chautauqua absurde. Leur récent album,Le Mal, est à juste titre sur la liste de cette annéeListe restreinte de PolarisEmmalia Bortolon-Vettor de Wavelength a eu l'occasion de poser quelques questions au chanteur, JFNo, sur la performance, la vie et la culture musicale canadienne.

Hull, mars 2014. Que se passait-il alors ?

Ma vie professionnelle était folle : la musique, la gestion d'un bar et mon métier de tatoueur-dessinateur. Ma vie personnelle était plongée dans une période sombre de ma vie, un grand groupe de mes amis s'étant suicidés dans les mois précédant et suivant mars 2014. C'était aussi la fin d'une relation qui avait duré 20 ans avec la mère de ma fille unique. Avec Fet.Nat, je pense que nous travaillions surEmpereur violeten même temps. Disons que ce court album reflète mon humeur de ce printemps 2014, qui était très émotif.

Dans quelle mesure l'influence est-elleMouvement d'opposition Rock InCela a-t-il un impact sur votre identité musicale et comment pensez-vous que ce mouvement s’est dispersé dans la culture musicale indépendante canadienne ?


Le mouvement Rock in Opposition. Je participe rarement à des mouvements identitaires qui divisent ou polarisent les gens. Je ne peux donc pas avoir d'opinion sur une marque comme le mouvement Rock in Opposition.

Hmmmmm…? Je ne savais pas, ou plutôt, je n’ai jamais vraiment pensé que je m’identifiais à un mouvement de « rock en opposition ».

Au contraire, j'ai toujours pensé faire partie d'un mouvement libre, sans attentes de la part de quiconque dans le secteur, sans avoir d'avis sur le sujet. Je menais mes petites affaires discrètement, sans trop insister, vous voyez ce que je veux dire ? C'est peut-être ma définition personnelle de l'opposition : ne pas avoir d'objectifs de réussite ou de reconnaissance.

La seule chose dont je m'occupe, c'est ma main, pour que tu puisses "tiens ma vie.”Ces étiquettes musicales, ces étiquettes identitaires, ces catégories spécialisées me fascinent. Tout cela me laisse très indifférent quand on le prend trop au sérieux.Nous sommes toutes nature.

Je m'oppose au racisme, à la cruauté envers la nature et la vie, aux images haineuses, à la loi sur les Indiens, aux grandes entreprises, aux voleurs d'État, aux criminels en tenue de soirée et en tenue de soirée, aux singes armés et riches… Je ne peux pas dire que je sois pour ou contre quand il est question de musique. J'ai d'autres opposants, mais je préfère la PAIX…Place toé!

Lorsque vous jouez, quel type de connexion avec le public recherchez-vous ?

Je suis toujours prêt à donner le meilleur de moi-même pour la scène, tant que je suis en bonne santé. Sinon, je n'attends rien de la foule. C'est comme faire du shopping sans un sou en poche. Rien n'est gratuit si on essaie de contrôler la foule, car cela ne me coûte rien de me laisser aller sans filet dans une grande boule de lumière et d'amour. Comme le vent est gratuit, j'utilise mes signes pour rafraîchir les gens autour de moi. C'est un peu cliché, mais je suis rempli de gratitude presque tout le temps. Surtout au coucher.

Quel est ce dialogue entre ce que vous jouez en live et ce que vous enregistrez ?

Je dirais que l'essence de Fet.Nat se crée lors de nos répétitions. Nous répétons rarement et, le moment venu, nous sommes pressés de jouer les futurs morceaux de Fet.Nat, plutôt que de jouer notre spectacle pour le peaufiner. Je dirais que c'est à ce moment-là que Fet.Nat brille de tout son éclat. Le public adorerait entendre nos répétitions. Le concert en direct est donc un reflet plus structuré de nos répétitions, tandis que les enregistrements sont l'image de notre travail commun. Il y a un processus hiérarchique naturel depuis le début de notre aventure et nous n'avons jamais envisagé de faire autrement. J'écoute généralement le mix final à peu près en même temps que le public.

Comment le fait de ne pas vouloir « payer pour jouer » influence-t-il la façon dont vous faites des tournées et jouez des concerts ?

Désolé, mais payer pour jouer est tout simplement stupide, et ceux qui paient pour jouer le sont aussi. Pour moi, faire de la musique a toujours été une question de prudence, et je ne me considère pas assez stupide pour penser que jouer signifie jouer quand on a payé pour le faire.

Comment pensez-vous que les promoteurs et les salles de spectacle DIY peuvent prospérer dans une ville en pleine inflation et chère ?

Je suis toujours intéressé par les innovateurs, les créateurs et les passionnés débordants d'inspiration. Comme beaucoup de gens autour de moi, ils peuvent faire des miracles dans presque tout. Ils sont très intelligents et sûrs d'eux. La réalité nous rattrape lorsqu'on est dans les nuages ou dans un monde imaginaire compulsif, mais le vrai succès vient des gestes et des engagements à la hauteur de nos forces. Oui, c'est bien de prendre des risques et de voir ce que la chance nous réserve, mais j'ose imaginer qu'une passion comme celle d'être promoteur indépendant s'acquiert avec sagesse et beaucoup de patience, et non par impulsion.

Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ?

Corners, Idles, beaucoup de rap québécois comme Fouki, Alaclair Ensemble People (surtout Eman et KNLO de ce groupe). Gifted Gab et Blimes Brixton sont géniaux, et ce rappeur français Roméo Elvis est aussi génial. Je viens d'acheter un billet pour KoKoKo à Montréal le mois prochain, mon plus gros concert.coup de coeurdepuis l'année dernière. Ce sera leur première visite au Canada. Leur dernier achat d'album est Roots Manuva (Cours, viens me sauver).