Fournisseurs de :guitare rock instrumentale
File next to: Django Reinhart, Biréli Lagrène, Les Paul, et votre compilation surf préférée.
Jouant: Festival d'été de musique et d'arts Wavelength, dimanche 18 août au Stackt — 28, rue Bathurst. Achetez vos billetsici!
2016, Guelph, Ontario, Kazoo! Fest, et un ring de boxe. L'air était moite, et les projecteurs étaient braqués sur deux musiciens : un batteur infatigable et un guitariste avec trois amplis et une Les Paul. Chaque note pincée, frappée et tenue créait une présence sonore partagée. C'était méditatif et électrique. Voici Yonatan Gat.
Son dernier album, Universalists, a été coproduit avec le regretté David Berman (Silver Jews, Purple Mountains). Cet album mêle performances live et collaborations avecChanteurs de médecine orientale, des échantillons de tous horizons (je crois qu'il y a un bref gamelan quelque part), et un montage Yeezus qui place des sons passés avec des interprétations instrumentales actuelles. C'est cool, mec.
Emmalia Bortolon-Vettor de Wavelength a eu l'occasion de poser des questions à Yonatan Gat sur le jeu de guitare, l'improvisation et la composition.
Pourriez-vous nous parler un peu de votre technique de mixage multi-amplificateurs ? Utilisez-vous toujours des amplificateurs Fender ?
Oui, j'adore ces réverbérations à ressort et leur distorsion. Avant, pour choquer, je coupais l'ampli et le remettais en marche à certains moments du concert, mais je ne cherche plus à choquer les gens immédiatement. Je veux que tout soit choquant, lentement et calmement.
Avez-vous des échauffements spécifiques avec des gammes ou des motifs avant de vous lancer dans une séance de jeu ?
Avant, je m'échauffais avant les concerts, mais je trouve que mon rôle dans ma musique devient de moins en moins physique au fil des ans. Enfant, tout est question de corps. Ensuite, c'est la technique. Plus tard, on découvre qu'il y a aussi d'autres aspects.
J'ai remarqué lors de votre performance au Hillside Festival que vous utilisiez une pédale de sustain basée sur un piano. Outre la manipulation électrique, comment cette pédale a-t-elle été modifiée pour vos besoins sonores ?
C'est la seule pédale que j'utilise. J'ai toujours aimé le sustain, la réverbération. Quelque chose qui prolonge le son. Ça a peut-être un rapport avec la peur de la mort.
Vous mêlez élégamment le chromatisme à vos improvisations. Comment abordez-vous ce sujet ?
Merci. En matière de gammes, chacune a sa propre sensibilité, sa couleur, parfois même une dimension géographique. J'essaie d'utiliser celles qui me sont chères pour enrichir ma musique.
Utilisez-vous des accordages alternatifs ?
Ce que j'aime avec les accordages alternatifs, c'est qu'on pose son doigt quelque part et qu'on ne sait pas comment ça va sonner. C'est un peu comme jouer sous l'effet de la drogue. J'ai utilisé l'accordage « guitare d'autruche » du Velvet Underground (toutes les cordes accordées de la même manière) pour le morceau « Chronology ». J'utilise un ré ouvert lorsque la chanson l'exige, mais la plupart du temps, même si j'aime le côté mystique, je ne m'attarde pas trop sur des aspects techniques comme les accordages alternatifs. Ce ne sont que quelques-uns des nombreux outils qu'un musicien peut utiliser lorsqu'il imagine quelque chose.
Comment votre technique et votre approche du jeu de guitare ont-elles changé depuis, disons, 10 ans ? Qu'avez-vous appris ?
Je joue de manière plus dynamique. J'ai appris qu'une guitare claire peut être plus puissante qu'une guitare saturée. C'est une façon de revenir à la source et d'y retrouver la puissance.
Dans une interview précédente avec Judie VeghVous avez affirmé que la composition est un processus permanent, que ce soit lors des balances, dans nos interactions quotidiennes ou dans nos voix intérieures. Comment cette approche de l'écoute influence-t-elle notre façon d'improviser ?
C'est une question intéressante. J'essaie juste de rester à l'écoute. Il y a tellement de sons intéressants dans le monde. Dans la nature, dans les villes où nous vivons. Notre musique doit sonner naturelle comme ça, comme le monde. Même si tout est électronique et complètement déjanté, la musique est notre contribution au son qui existe déjà dans le monde.
Il n'y a rien de plus satisfaisant qu'une relation spirituelle avec un instrument de musique. Comment décririez-vous votre relation à la guitare ?
Je considère la guitare comme un outil. J'en joue parce que c'est la plus utile pour ce que je recherche. Elle me permet de communiquer clairement mes idées aux musiciens avec lesquels je collabore. La musique est composée par tout le monde : batteurs, synthétiseurs, chanteurs. La guitare est un outil précieux pour guider la musique. Plus il y a de monde sur scène, moins je dois me concentrer sur le jeu et plus je dois communiquer.
Enfin et surtout, qu’écoutez-vous en ce moment ?
Mon ami David Berman est décédé récemment. Il avait fondé un groupe appelé Silver Jews à la fin des années 80 et était devenu un poète et auteur-compositeur légendaire.[Le dernier album de Berman est sorti plus tôt en 2019 sous le nom de Purple Mountains.]Ce n'est pas que j'écoute autant sa musique depuis sa mort, mais j'entends constamment ses chansons dans ma tête maintenant. Je me rends compte que ses paroles le distinguaient vraiment des autres musiciens plus fainéants qui ont mal vieilli et dont je me suis lassé. Il n'y a rien de fainéant dans le sérieux avec lequel il a écrit ses paroles. Il en a souffert, comme nous tous, mais il a souffert davantage. Enfant, je voulais être auteur-compositeur comme lui, mais j'ai découvert plus tard que j'étais quelqu'un d'autre, et j'ai eu la chance de l'avoir dans ma vie pour m'aider à continuer à découvrir qui j'étais. Il me manquera toujours.