Les idiosyncrasies sont à la fois une bénédiction et une malédiction. D'une certaine manière, elles sont l'expression la plus pure de nos existences : chaotiques, marquées par les imperfections, irrationnelles, belles et résilientes à la fois. Yves Jarvis le sait. Sa musique n'est idiosyncrasique ni intentionnellement ni par hasard ; elle est, tout simplement. Elle mute et évolue, comme lui, à travers cycles et phases. Le nouveau disque d'Yves Jarvis,Le même mais par des moyens différents, est un nouveau cycle.
Yves Jarvis est lui-même une page blanche, une refonte du musicien montréalais Jean-Sébastien Audet. Ce dernier avait auparavant créé son projet sous le nom d'Un Blonde, un nom qui, dit-il, était, à un moment donné, tout ce qu'il désirait. « J'avais le sentiment d'avoir enfin trouvé, phonétiquement, le nom de projet parfait avec Un Blonde », dit-il. « Je trouvais qu'il évoquait l'image parfaite pour tout ce que je voulais faire. »
Mais bien sûr, les choses changent. « Maintenant, j'en suis à un point où, quand je l'entends, je n'aime pas, car je ne m'y identifie pas du tout », poursuit-il. « Je savais qu'il me fallait quelque chose auquel je puisse m'identifier. » Chaque aspect de l'œuvre d'Audet est immensément personnel, et Yves Jarvis en est le reflet. Yves est le deuxième prénom d'Audet, tandis que Jarvis est le nom de famille de sa mère.